COMMENT INTERROMPRE UNE GESTATION EN CAS DE GEMELLITE ?
REFERENCE : Lopez-Gatius F. Luteolytic Response to Prostaglandin F2α in Lactating Dairy Cows Carrying Dead Twins During the Late Embryo/Early Fetal Period. Animals 2021, 11, 2508. https://doi.org/10.3390/ani11092508
CONTEXTE
Compte tenu de l’augmentation de sa fréquence avec le niveau de production laitière, il est recommandé d’accompagner le constat échographique de gestation de celui de la gémellité et le cas échéant de la presence d’un ou de deux embryos/foetus morts. Dans le premier cas, on pratiquera une injection de GnRH pour favoriser le maintien de la gestation, dans le second cas on injectera une PGF2a pour induire un nouvel oestrus aussi rapidement que possible. Bien qu’en théorie, la PGF2a soit capable d’interrompre une gestation entre les jours 5 et 165, se pose en termes d’efficacité la question du nombre d’injections à réaliser et de la dose à injecter en fonction du stade de gestation pour obtenir un effet optimal.
MATERIEL ET METHODES
Leur étude concerne 615 vaches laitières (production laitière moyenne annuelle de 11.965 kg) qui présentaient une double mortalité embryonnaire (ME) ou foetale (MF) diagnostiquée respectivement 28 à 34 jours et 49 à 55 jours après l’insémination. Elles furent traitées par une dose de 25 mg ou de 37.5 mg de dinoprost.
LEURS OBSERVATIONS
De leurs observations et analyses, il résulte que
- L’injection d’une PGF2a induit l’expulsion du contenu utérin bien plus souvent lors de mortalité embryonnaire (88 %) que de mortalité fœtale (34,6 %).
- Cette injection s’accompagne d’un œstrus dans respectivement 76 (ME) et 28 % (MF) des cas, respectivement 2,8 et 5,6 jours après l’injection. Le % de gestation des animaux inséminés après une mortalité embryonnaire a été de 43 %.
- L’effet abortif lors de mortalité embryonnaire est moindre chez les vaches dont la production laitière est supérieure à 45 kg (74 % vs 92 %). On peut y voir une sensibilité moindre des corps jaunes lié à un catabolisme plus important de la progestérone.
- Un effet abortif est significativement plus souvent observé en cas de mortalité fœtale avec 37.5 mg de PGF2a (48,1 %) qu’avec 25 mg (28 %). Cet effet dose n’a pas été observé lors de mortalité embryonnaire.
- Lors de mortalité fœtale, l’injection d’une PGF2a semble moins efficace même si la dose est augmentée et le délai d’obtention du résultat est allongé. Explication : Lors de mortalité embryonnaire ou fœtale en cas de gestation simple, on observe bien plus fréquemmment une expulsion du contenu que sa résorption. En cas de gémellité et de mortalité d’un seul embryon/foetus, on n’observe pas d’expulsion sélective de l’embryon/fœtus mort. Il se pourrait que le « survivant » protège le mort par et notamment la formation d’anastomoses placentaires décrites dans 90 % des cas de gestation gémellaire. En cas de mort des deux fœtus, la persistance du placenta et de ses facteurs lutéotropiques seraient responsables d’un effet moindre de la PGF2a.

