ET POURQUOI PAS UNE INJECTION DE GNRH LORS DE L’INSEMINATION ?

REFERENCE : Burnett TA et al. Impact of gonadotropin-releasing hormone administration at the time of artificial insemination on conception risk and its association with estrous expression. J. Dairy Sci. 2022, 105:1743–1753 https://doi.org/10.3168/jds.2021-20156

TROIS FAITS

  • 50 % des éleveurs canadiens utilisent des systèmes automatiques de détection des chaleurs. Se pose énanmoins le problème du choix optimal du moment de l’insémination.
  • Les manifestations des chaleurs sont un gage de succès à l’insémination lors de l’utilisation de programmes de synchronisation des chaleurs ou de transfert d’embryons.
  • L’intensité et la durée de ces manifestations influencent le moment de l’ovulation.

QUELLE A ETE LEUR QUESTION ?

L’effet de l’injection d’une GnRH au moment de l’insémination dépendrait-il de l’intensité des manifestations oestrales ?

COMMENT ONT-ILS PROCEDE ?

2321 IA (selon le principe AM :PM) réalisées 113 à 131 jours après le vêlage sur 2607 œstrus détectés au moyen de deux systèmes automatiques (Afi Pedoplus et Rescounter II utilisés dans trois fermes laitières canadiennes (11.700 à 13.200 l/305 J).

50 % des IA ont été accompagnées de l’injection de 100 µg de gonadoréline.

Un examen échographique ovarien a été effectuée 24±4,6 h (L’œstrus a été confirmé par l’identification d’un follicule dominant de > 15 mm en l’absence de corps jaune ou d’un corps jaune de diamètre < 25 mm), 48±5,2 h (L’ovulation a été confirmée par l’absence de follicule dominant) et 7 J (L’ovulation a été confirmée par la détection d’un corps jaune) après la détection de l’œstrus.

Un constat échographique de gestation a été posé 35±7 j après l’IA.

QUELLES ONT ÉTÉ LEURS PRINCIPALES OBSERVATIONS ?

La GnRH augmente le % de gestation : 41.3 ± 1.6 vs 35.7 ± 1.7% (P = 0.02). Cette augmentation ne s’observe que si les manifestations oestrales ont été inférieures à la valeur médiane du nombre de pas enregistrés : 37.8 vs 31.0 %. Cet effet ne s’observe pas si les manifestations oestrales ont été supérieures (43.5 vs 42.6 %). Ces effets sont indépendants de l’exploitation concernée.

Chez les vaches non traitées, le % de gestation est supérieur quand les manifestations oestrales sont supérieures à la valeur médiane du nombre de pas enregistrés : 42.6 vs 31.0 %.

Les % de gestations se sont avérés indépendants du  numéro de lactation, des scores corporels et de boiteries et du stade du postpartum.

L’effet favorable d’une injection de GnRH ne semble pas être médié par l’augmentation du % d’ovulations ou le meilleur développement d’un corps jaune. Il est possible que cet effet dépende également de l’interavlle de temps entre l’injection et l’ovulation mais cela est une autre histoire qui comme d’habitude demandera « a future research ».

MORALITE

La majorité de nos élevages ne sont pas équipés de podomètres. Néanmoins, il n’est pas inintéressant de renforcer l’identification des trois critères qui rendent une vache inséminable (tonicité des cornes, écoulement muqueux et diamètre folliculaire) et de s’informer des signes d’œstrus (monte passive qui définit la qualité d’un œstrus) pour décider de l’injection ou non d’une GnRH.