LES MYCOTOXINES, UN ENNEMI INVISIBLE DANS LE SILO
Le temps n’est pas au beau fixe, et cela annonce des silos conçus dans des conditions parfois difficiles, ou avec des plantes qui ont subi des stress. Les mycotoxines sont un ensemble de 16 à 20 substances toxiques et leurs métabolites secondaires, produites par des champignons et moisissures dans les aliments.
2 origines principales :
- Les toxines de champs
- Les toxines de conservation
Les premières sont liées souvent à la prolifération de la fusariose sur les céréales, ou parfois sur les parcelles derrières une céréale contaminée (ex. Ray-grass cultivé sur une parcelle contaminée). Les autres sont liées à des proliférations de champignons dans les silos non étanches. Plusieurs discussions circulent sur le terrain, nous vous proposons quelques arguments classiques…
« Ouais, mais ça se voit quand même ? » Non, moisissure visible ne veut pas dire toxines et absence de champignon ne veut pas dire sécurité. Les mycotoxines n’ont ni odeur, ni couleur la plupart du temps. Et pire, les anomalies sont souvent difficiles à cerner : chute d’ingestion, baisse de production, mauvaise reproduction, boiteries, santé globale défaillante, plusieurs syndromes distincts qu’il est parfois difficile de cerner en saison.
« Oui, mais les ruminants sont réputés résistants » C’est vrai, le rumen sert de « détoxifiant » naturel, car les protozoaires sont capables de détruire certaines toxines. Néanmoins il y a 3 limites : 1) si le rumen n’est pas nourri, lors de ration by-pass ou toxiques, les protozoaires peinent à réaliser leur travail, 2) lorsque la quantité de toxine excède la capacité de détoxification du rumen ; enfin 3) lorsque les combinaisons de toxines sont élevées, car la dosse est cumulative.
Comment faire le diagnostic ?

Les plus fréquentes :
- le déoxynivalenol (DON) et ses dérivés,
- la fumonisine (FUM),
- la zéaralénone (ZÉA).

Figure 1 – Principales conséquences des Mycotoxines (Source LACTANET, Canada)
Quels sont mes risques cet hiver ?
Le risque DON est assez élevé avec >70% des aliments contaminés, et 44% de ZEA, suivi de 28% de toxine T-2. 50% des aliments contiennent plus d’une toxine.
Comment prévenir/gérer ma ration ?
- Diminuer la dose des aliments très contaminés (DILUER)
- Ajouter un chélateur de mycotoxine (Protecteur ruménal)
- Optimiser la digestion ruménale (Limiter le by-pass)

Figure 2 – Enquête permanente MYCOFIX en Europe, deuxième trimestre 2023
