De la qualité de l'oestrus dépend la chance d'avoir une gestation.
ON LE SAIT
La durée et l’intensité de l’oestrus sont clairement positivement associées à la fertilité. Ces deux paramètres dépendent du sol, de l’état corporel, des aspects quantitatifs et qualitatifs la production laitière, du stress thermique (THI), de la génétique. Mais qu’en est-il de leur influence relative ?
MATERIEL ET METHODES
L’étude concerne 5.933 IA de 3.132 vaches laitières de race Holstein (1.094 primipares et 2.038 multipares) de 8 fermes allemandes (400 à 1200 vaches) dont les vaches produisent 9,105 à 11,900 kg en 305 jours. Chaque vache est équipée d’un collier de mesure de l’activité et de la rumination.
LEURS OBSERVATIONS
Les effets de divers facteurs sur la durée et l’intensité de l’œstrus sont présentés dans la figure associée.
4,7 % des intervalles entre chaleurs avaient une durée inférieure à 7 J
Le pourcentage total de gestation a été de 25,6 %.
- Ce % a été significativement plus élevé pour les primipares (29,4 %) que les multipares (22,1 %).
- Une augmentation du stade du postpartum se traduit par une diminution significative de la fertilité.
- Une augmentation du THI au cours de la semaine précédant l’IA se traduit par une diminution significative de la fertilité : THI <50 : 32.6 % ; THI 61-65 : 26,2 % ; THI 66-70 : 25,2 % ; THI >70: 12.3%. Une augmentation du THI se traduit par celle de la P4 et par une réduction de l’oestradiol : on parle de chaleurs « silencieuses ». Elle se traduit également par une réduction de la qualité ovocytaire et donc une augmentation du risque de non-fécondation et de mortalité embryonnaire très précoce (<7J).
- La durée de l‘œstrus n’a pas d’effet sur le % de gestation. Par contre, plus l’œstrus est intense et meilleur sera le % de gestation (28,5 vs 22,8 %). Une réduction de l’expression d’œstrus peut être imputable à la présence durant cette période d’une concentration trop élevée en progestérone qui indirectement peut réduire les effets comportementaux des oestrogènes folliculaires. On trouve ici un manque possible d’une lutéolyse de qualité. Cette réduction de l’effet des oestrogènes peut également s’accompagner d’un risque accru d’absence d’ovulation, la libération de la LH étant moins importante. A l’inverse, une augmentation de l’expression de l’œstrus se traduit par une centration en P4 plus importante au cours des 10 jours qui le suivent. Il en résulte un meilleur développement de l’embryon.
- Une réduction de la rumination s’accompagne d’un allongement de la durée de l’oestrus et de son intensité mais n’a pas d’effet sur le % de gestation.
- A la difference d’autres études, cette étude n’observe pas d’effets du taux cellulaire sur la fertilité bien qu’une augmentation de ce taux se traduise par une diminution de la durée et de l’intensité de l’oestrus.
- Une augmentation d’1 % de lactose se traduit par une multiplication par 2.19 du % de chances d’avoir une gestation. Les effets de l’urée sur la fertilité continuent d’être contreversés dans la littérature.
QUE CONCLURE
L’enregistrement automatisé des chaleurs et de la rumination offrent de nouvelles possibilités d’étude des facteurs susceptibles de les modifier et donc de comprendre les facteurs d’infertilité.
L’étude ne confirme pas l’effet négatif sur la fertilité de plusieurs facteurs jusque là considérés comme des acteurs de risque : taux cellulaire, rumination, production laitière même si ces facteurs sont susceptibles de modifier les caractéristiques de l’oestrus.
Une fois encore, on ne peut que recommander d’intensifier le recours à des méthodes automatisées ou non qui vont intensifier la qualité de la détection des chaleurs : l’œstrus est un constat et l’insémination un traitement.

