FAUT-IL INJECTER DES ANTIBIOTIQUES LORS D’UNE LAPAROTOMIE OU D’UNE CESARIENNE CHEZ LA VACHE ?

Cet article compare les effets de deux stratégies anti-infectieuses lors de césarienne (n = 100) ou de laparotomies exploratrices (n = 110). Une injection IM de meloxicam (0,5 mg/kg) (répétée au besoin après 72 heures) a par ailleurs été réalisée sur toutes les vaches. Toutes les vaches ont fait l’objet d’un suivi clinique général et de la suture abdominale (3 degrés de présence de pus) durant 10 jours.

En cas de césarienne

  • Stratégie 1 (ST 1 C) : une injection prophylactique de 5 g IV (10 mg/kg) d’ampicilline sodique
  • Stratégie 2 (ST 2 C) : une injection prophylactique de 5 g IV (10 mg/kg) d’ampicilline sodique suivie deux fois par jour durant 3 jours d’une injection IM d’ampicilline 20 % (10 mg/kg).

En cas de laparotomie

  • Stratégie 1 (ST1 L) : pas d’antibiotiques
  • Stratégie 2 (ST2L) : une injection prophylactique de 5 g IV (10 mg/kg) d’ampicilline sodique

Aucune différence significative des complications générales ou d’infections de la plaie n’a été observée entre les deux groupes thérapeutiques de la césarienne ou de la laparotomie.

Cette absence de différence n’est pas surprenante compte tenu de plusieurs faits :

  • Les interventions ont été réalisées dans le contexte d’une clinique universitaire (faculté vétérinaire d’Utrecht) en respectant toutes les mesures d’hygiène et d’aseptie. Pourtant compte tenu du caractère pédagogique des interventions, la durée moyenne de celles-ci a été de 2,5 heures. Ces conditions optimales ne peuvent sans doute pas être systématiquement respectées en pratique mais pourraient très certainement être améliorées comme en témoigne notre enquête menée en 2011 (Modalités de réalisation de la césarienne dans l’espèce bovine en Europe. Partie 1 et 2: Tirés à part sur simple demande à hanzen@uliege.be).
  • L’ antibiotique a été utilisé par voie générale (IM/IV). Indirectement, cela démontre l’inefficacité de la voie intra-abdominale. Pourtant, notre enquête avait démontré que 64 % des vétérinaires utilisaient 2 voire 3 voies d’injection d’un antibiotiquie (IP/IM/IUt) et que 25 % avaient recours à la voie intrapéritonéale (IP) s’ils n’utilisaient qu’une seule voie.
  • Dans le cas présent, l’antibiotique utilisé à titre prophylactique a été injecté 15 min avant l’incision. On sait que le risque d’infection augmente avec le délai entre l’injection et l’intervention (> 1 à 2 h).
  • Les vaches ont bénéficié d’un suivi rapproché. Une fois encore, la visite du lendemain (effectuée par un tiers des vétérinaires dans notre enquête) semble être une demarche utile pour identifier les animaux devant faire l’objet d’une antibiothérapie complémentaire.