Jean Lugol : l'isobetadine aussi peut vous aider à traiter les infections utérines

Bien peu savent que Jean Lugol était un médecin français né en 1788 à Montauban. Il nous a laissé cette fameuse solution éponyme dite de Lugol se composant de 10 % d’iodure de K, 5 % d’iode et 85 % d’eau distillée. L’iode on le sait, a des propriétés bactéricides, antifongiques voire virucides.

A l’heure de l’antibiorésistance, de la réduction nécessaire des frais thérapeutiques, de l’efficacité toute relative des antibiotiques pour le traitement des infections utérines (métrite puerpérale/clinique, endométrite clinique et endométrite subclinique) j’ai cru opportun de vous toucher un mot sur le recours possible à deux solutions iodées à savoir le Lugol et la polyvidone iodée  (PVP) (Betadine ou Isobetadine gynécologique 10 % en flacon bleu, le flacon jaune étant réservé à un usage dermique et le flacon rouge étant un savon dermique). (NB : le Lotagen  n’est pas un dérivé iodé mais une solution de policresulen qui est un produit de polycondensation de l’acide métacrésol sulfonique et du phénol).

La littérature est relativement avare d’informations sur les effets thérapeutiques de ces deux soutions dans le traitement des infections utérines cliniques et subcliniques. Quelques références néanmoins : Lakhwinder Singh et al. Response of intrauterine infusion of Lugol’s iodine in infectious repeat breeding cattle. Indian Journal of Animal Reproduction 2010 Vol.31 No.2 40-42. Koujan A et al. Therapeutic efficacy of povidone-iodine (Betadine) and dichloroxylenol (Septocid) in Holstein cows affected with endometritis and/or cervicitis. Acta Vet Hung.1996;44(1):111-9. Mido S et al. Effects of intrauterine infusion of povidone-iodine on endometrial cytology and bacteriology in dairy cows with clinical endometritis. J.Vet.Med.Sci, 2016, 78,551-556. Ohtani S et Okuda Kal. Effect of intrauterine infusion of polyvinylpyrrolidone iodine and intramuscular injection of prostaglandin F on reproductive performance in cows. Reprod Domest Anim 1997, 32,259-262.

QUELQUES OBSERVATIONS

  • Le volume à instiller est compris entre 20 et 150 ml. Il dépend vraisemblablement de celui de l’utérus à traiter.
  • Les dilutions recommandées sont de 0,5 ou 1 % pour le Lugol et de 0,5 à 2 % pour la PVP.
  • In vitro les solutions à 0,5 et 2 % de PVPI assurent dans 100 % des cas une inhibition de la croissance des germes suivants (isolés dans l’utérus des vaches prélevées): Trueperella pyogenes, Enterococcus spp, Paenibacillus spp, Achromobacter spp, Corynebacterium spp, Micrococcus spp, Streptococcus spp, Peptoniphilus spp et Bifidobacterium spp.
  • L’utilisation systématique d’une solution de PVP (50 à 100 ml 2%) un mois après le vêlage ne contibuerait pas à améliorer la fertilité et pourrait même avoir des effets négatifs.