ET SI ON ALLONGEAIT VOLONTAIREMENT LA DUREE DE LA LACTATION ?
REFERENCE : van Knegsel ATM et al. Extending lactation length: consequences for cow, calf, and farmer. Journal of Animal Science, 2022, 100, 1–10 https://doi.org/10.1093/jas/skac220.
Les données récentes relatives au cheptel laitier des Pays-Bas (240.216 vaches laitières avec pedigree) (âge moyen du 1er vêlage : 776 jours, intervalle entre vêlages : 407 jours, durée de vie : 2132 jours, durée de vie productive : 1325 jours, nombre de vêlages avant réforme : 3.6, durée moyenne de lactation : 353 jours, durée moyenne du tarissement : 54 jours, Kgs de lait par jour : 28.7) nous invitent à nous poser la question de savoir s’il ne serait pas intéressant d’allonger la durée des lactations par et notamment un allongement de l’interavlle entre le vêlage et le moment de la 1ère insémination (période d’attente : PA). Cette politique implique d’en analyser les diverses conséquences positives ou négatives.
Effets sur la persistance
En général, une augmentation de la PA se traduit par une meilleure persistance de la production laitière chez les primipares (augmentation de la production moyenne par jour entre deux êlages) que chez les multipares (la production laitière moyenne diminue). Il est vrai que certaines études n’observent pas d’effet de l’augmentation de la PA.
Effets sur l’état corporel
Un allongement de la durée de lactation suite au respect de PAs d’une durée de 120 à 180 jours se traduit par celui du risque d’augmentation de l’état corporel en fin de lactation et de celui d’un bilan énergétique négatif après le vêlage. Une adaptation de la ration peut s’avérer nécessaire.
Effets sur la santé et le bien-être
A moyen et long terme, il est évident que l’allongement de la durée de la lactation va réduire le nombre de périodes de transition dont on sait qu’elle est à haut risque de pathologies métaboliques et infectieuses qui entraînent l’augmentation de réformes prématurées. Une des rares études consacrées au sujet observe cependnat que le nombre de traitements réalisés au cours de ces périodes de transition soint moindre quand la période d’attente est de 50 jours que lorsqu’elle est de 125 voire 200 jours.
Un allongement de la période d’attente contribue indirectement à augmenter le taux cellulaire du lait en fin de lactation, surtout chez les multipares sans que pour autant elle soit liée à l’augmentation des cas cliniques de mammites. La diminution de la production lalitière en fin de lactation peut par ailleurs contribuer à augmenter le bien-être de l’animal au moment du tarissement du fait de la diminution de la pression mammaire à ce moment. Elle réduirait également le risque de nouvelles infections mammaires après le vêlage.
Effets sur les performances de reproduction
On le sait, la fertilité augmente avec la durée de la période d’attente. Cette amélioration traduit celle de l’état de santé utérine (réduction des cellules inflammatoires), de la régularité des cycles. Elle est proportionnelle au degré d’allongement de la période d’attente.
Effet sur les veaux
Plusieurs études ont démontré l’impact négatif possible du statut métabolique (catabolisme> anabolisme) de la vache en début de gestation sur le développement du nouveau-né (on parle de programmation du développement ou developmental programming). Un allongement de la durée de la lactation se traduit également par une réduction du nombre annuel de naissances (24 veaux en moins par 100 vaches si cette durée est allongée de 4 mois). Il en résulte une diminution du temps consacré par l’éleveur mais également du nombre de veaux élevés pour la production de viande.
Effets économiques
Des différentes études réalisées, il ressort que l’allongement de la durée de la lactation devrait davantage concerner les vaches à haut potentiel laitier du troupeau qu’être appliqué à son ensemble, l’impact économique d’un allongement de 2 voire 3 mois de la période d’attente étant fort dépendant du niveau de production laitière.
Effets environnementaux
En général, le degré d’émission de gaz à effet de serre augmente quand la production laitière diminue. Un allongement de la durée de la lactation contribuera àréduire cette émission, le nombre de génisses de remplacement étant diminué du fait de l’augmentation de la longévité des vaches. Par ailleurs cet allongement de la durée de la lactation se traduira par une réduction de la quantité de concentrés nécessaire. Enfin, le nombre de veaux nés destinés à la production de viande sera également diminué.
Mais alors que faire ?
Selon différentes enquêtes, il semble bien que l’allongement de la durée de la lactation relève de causes volontaires, l’éleveur appique cette politique aux vaches dont la production laitière est plus élevée ou de causes involontaires, la période de reproduction s’allonge du fait de l’infertilité. Une stratégie de sélection des vaches concernées s’avère nécessaire et devrait être évaluée. Elle se baserait sur la production de la lactation précédente, la production au pic, la production en début de lactation ou encore le score corporel au vêlage voire les pathologies présentées ou non durant la période d’attente.

