DES HORMONES POUR GERER LA REPRODUCTION : UN PEU, BEAUCOUP, PAS DU TOUT
REFERENCE : Van der Laan JSM et al. Reproductive hormone use and its association with herd-level factors on Dutch dairy farms. J. Dairy Sci. 2021, 104:10854–10862 https://doi.org/10.3168/jds.2020-1978
La PGF2α, la GnRH et la progestérone sont les trois principales hormones utilisées avec plus ou moins de bonheur en reproduction bovine. Cette utilisation dépend du système d’élevage. Elle est plus intense dans les systèmes ou les vêlages sont saisonniers (Irelande, Nouvelle Zélande) du fait d’une plus grande concentration temporelle de la période de reproduction. Leur usage est donc plus de troupeau qu’individuel. Au Canada et en Grande Bretagne, respectivement 84 et 99 % % des exploitations ont recours à l’un ou l’autre de ce traitement pour et notamment dans 54 % et 7,8 % des cas recoursà une insémination systématique. Mais qu’en est-il aux Pays-Bas ?
L’étude a été menée durant 3 ans dans 5 cliniques vétérinaires responsables de 760 fermes laitières. Les caractéristiques générales des exploitations ont été les suivantes : 55,8 % participent à un programme de suivi vétérinaire, 27,7 % sont équipées d’un système automatique de détection des chaleurs, 24,6 % disposent d’un robot de traite, 6,4 % sont des exploitations biologiques.
LEURS OBSERVATIONS
Le nombre moyen et médian de traitements hormonaux réalisés pour 100 vaches et par an ont été respectivement de 40,6 et 32,8.
La PGF2α (62,9%) est l’hormone majoritairement utilisée dans les exploitations laitières hollandaises, bien plus que le GnRH (33,1 %) ou la progestérone (4,0 %).
Le nombre médian de traitements hormonaux réalisés pour 100 vaches et par an a été respectivement compris au cours des 3 années de l’étude, entre 11,4 et 13,2 pour la GnRH, 2,1 et 2,5 pour la progestérone et entre 22,1 et 24,2 pour la PGF2α.
5,8 % des exploitations n’ont utilisé aucun des trois traitements hormonaux ; 12,5 % n’ont pas utilisé de GnRH, 43,3 % la progesterone et 7,2 % la PGF2α.
La participation à un suivi vétérinaire ou l’utilisation d’un robot de traite contribue à augmenter la probabilité d’utilisation des traitements hormonaux. C’est l’inverse pour les fermes biologiques, les fermes utilisant les systèmes automatiques de détection des chaleurs ou les fermes disposant de moins de 98 vaches (valeur médiane de la taille des troupeaux).
MORALITE
Les chiffres avancés sont indicatifs. Ils ont été calculés au niveau du troupeau. Ils ne représentent donc spécifiquement le nombre de vaches traitées et les raisons spécifiques de ces traitements.
Remarque personnelIe : je considère pour ma part que le recours à un traitement hormonal devrait pouvoir être justifié sur base d’un examen clinique manuel ou mieux encore échographique de l’animal.

