LE SPERME SEXE : UN AUTRE FACTEUR D’INFERTILITE
REFERENCE : Reese S et al. The reproductive success of bovine sperm after sex‑sorting: a meta‑analysis. Scientifc Reports (2021) 11:17366
CONTEXTE
Quelques chiffres en guise d’apéritif. Ils vous ont proposés par DeJarnette JM et Seidel GE qui viennent de publier un article décrivant l’état des leiux du sperme sexé et ses perspectives d’utilisation (Applications and world-wide use of sexed semen in cattle. Animal Reproduction Science,2021)
- Le sperme sexé coûte deux fois plus cher que le sperme non sexé.
- Le % de gestation est égal à 80 % de celui obtenu avec du sperme non sexé.
- 10 % des veaux obtenus ne sont pas du sexe espéré.
- Son utilisation concerne 20 % des génisses et 2 % des vaches de race laitière aux USA et au Japon mais seulement < 2 % des femelles de races à viande.
Son utilisation permet en élevage laitier de réduire les coûts de remplacement des vaches voire d’optimiser les vaches de moindre valeur génétique (crossbreeding) et en élevage à viande de mieux valoriser les veaux mâles.
C’est en 1982, que furent réalisés les premiers essais de sexage du sperme. Depuis lors la méthode a fait l’objet de diverses améliorations qui ont permis d’accélérer le processus de sélection et d’augmenter sa capacité à sélectionner les seuls spermatozoïdes X.
COMMENT ONT-ILS FAIT ?
Les auteurs de l’article ont voulu analyser les facteurs susceptibles d’influencer les % de gestation, de vêlage, d’avortement et de mortalité néonatale en réalisant une meta-analyse à partir de 45 articles publiés entre 1999 et 2021.
Les résultats concernent pour l’ensemble des 72 essais cliniques des 45 publications 97.838 inséminations au moyen de sperme sexé et 12.118.090 inséminations au moyen de sperme non sexé.
LEURS RESULTATS
Les effets de huit paramètres sur le % de gestation obtenu après utilisation de sperme sexé vs sperme non sexé ont été analysés : l’utilisation de sperme sexé entraîne systématiquement une réduction significative (<0.001) du pourcentage de gestation (Tableau).
Les effets sur le % de gestation des paramètres au sein de chaque groupe d’animaux inséminés au moyen de sperme sexé et non sexé permet d’observer que de manière significative
- Les races à viande ont une meilleure fertilité que les races laitières
- Les génisses ont une meilleure fertilité que les vaches
- L’augmentation du nombre de spermatozoïdes s’accompagne d’une meilleure fertilité
- Le recours à une méthode de sexage plus récente (SexedUltra : González-Marín, C. et al. In vitro sperm quality and DNA integrity of SexedULTRATM sex-sorted sperm compared to nonsorted bovine sperm. Theriogenology 2018,114, 40–45. Tomas, J. M. et al. Evaluation of SexedULTRA 4M (TM) sex-sorted semen in timed artificial insemination programs for mature beef cows. Theriogenology, 2019, 123, 100–107) augmente le % de gestation. En témoignent les meilleurs résultats obtenus après 2014.
A l’inverse, la congélation ou le type d’insémination n’ont pas d’effets significatifs.
Les effets des différents paramètres ont également été analysés sur le % de vêlages qui fut respectivement de 54,6 et de 41,3 % après utilisation de sperme non sexé que sexé. Aucun d’entre eux n’a eu un effet significatif au sein de chaque groupe d’animaux. De manière systématique cependant, l’utilisation de sperme sexé s’est accompagnée d’une réduction significative du % de vêlages.
L’analyse des effets de la zone géographique révèle des différences significatives et qu’en moyenne, le % de gestation est 9 % plus élevé en Europe qu’en Amérique du Nord.
L’utilisation de sperme sexé ne s’accompagne pas d’une augmentation du % d’avortements (8.8 % si sperme sexé et 9.3 % si sperme non sexé.
Les % de mortalité néonatale sont également comparables : 6.9 % si sperme sexé et 6.8 % si sperme non sexé. Cependant, la mortalité est plus élevée si le veau est de sexe mâle.
MORALITE
Les auteurs ont réalisé un travail qui sans nul doute va intéresser celles et ceux concernés par l’utilisation de sperme sexé. Il constitue une référence pour décider les éleveurs intéressés par l’obtention de veaux femelles (élevages laitiers) ou mâles (élevages à viande).

