J0–J21 POSTPARTUM : UNE PERIODE A HAUT RISQUE. PARTIE 1. DONNEES GENERALES ET EFFETS SUR LA PRODUCTION LAITIERE

REFERENCE : Carvalho et al. Long-term effects of postpartum clinical disease on milk production, reproduction, and culling of dairy cows. J. Dairy Sci. 2019, 102:11701–11717.

Un suivi diagnostique et thérapeutique de 5085 vaches Holstein (1814 primipares et 3271 pluripares) produisant 10.453 litres de lait en 305 jours d’UN seul troupeau en Floride a permis de quantifier la prévalence et les effets à moyen et long terme sur la production laitière et la reproduction de 6 pathologies cliniques identifiés au cours des 21 premiers jours du postpartum (Rétention placentaire cad non expulsion du placenta dans les 24 heures ; métrite puerpérale cad écoulement vaginal anormal ; mammite cad modification du lait et/ou signes inflammatoires d’un ou de plusieurs quartiers ; boiterie, pathologie digestive cad diarrhée, ballonnement, déplacement caillette, problèmes respiratoires cad polypnée et fièvre et sons respiratoires anormaux à l’auscultation).

Toutes les données d’insémination, de production laitière et de réforme ont été collectées jusqu’au vêlage suivant.

Elles feront l’objet de trois publications sur la page Facebook. La première présentera les prévalences des pathologies et leurs effets sur la production laitière, la seconde les conséquences sur ls performances de reproduction et la troisième celles sur les réformes. Cette troisième partie abordera également les réflexions

Les incidences des pathologies observées sont résumées dans la figure ci-dessous.

EFFETS DE CES PATHOLOGIES SUR LA PRODUCTION LAITIERE

La manifestation d’une ou de plusieurs pathologies au cours des 21 premiers jours du postpartum par une vache

  • en diminue la production laitière en 305 jours de 410 kg (10.043 vs 10.453 P<0.01), la production de MG de 17 kg (361 kg vs. 378 kg; P < 0.01) et de protéines de 12 kg (291 kg vs. 303 kg; P < 0.01). Les effets des pathologies dites utérines (RP et metrite) sont comparables à celles des autres pathologies.
  • en diminue la production laitière journalière au cours des 14 premières semaines de lactation de 3 kg (35,4 kg vs 38,4 kg P<0.01). Cette diminution est corrélée au nombre de pathologies présentées : pas de pathologie : 38,4 kg, une pathologie : 35,8 et plusieurs pathologies 33,4 kg : P<0.01).
  • en diminue le pic de production laitière : 41,3 vs 43,2 kg (P<0.01)
  • augmente l’intervalle entre le vêlage et le pic de production : 8,6 vs 7,4 semaines P<0.01

Ces effets sont plus importants chez les pluripares que chez les primipares.

QUE RETENIR ?

Une vache sur trois présente 1 ou plusieurs pathologies au cours des 21 jours suivant le vêlage.  Ce % est sans doute sous-évalué puisque les acétonémies et les fièvres vitulaires cliniques ou subcliniques ou encore les dystocies n’ont pas été considérées.

Cette situation se traduit par une réduction de 4% de la production laitière. Les effets s’observent à moyen et long terme et donc bien au-delà de la période de 21 jours considérée, indépendamment de la valeur génétique de l’animal. Ainsi, les pathologies identifiées au cours des 21 jours suivant le vêlage entraînent des % de réduction de la production laitière  qui sont respectivement de 24, 47 et 29 % au cours des 3 premières semaines, entre la 4ème et la 14ème et entre la 15ème et la 44ème semaine. Cette réduction de la production laitière est imputable aux mammites mais pas seulement. Elle peut également être imputée aux lésions induites dans d’autres tissus que le tissu mammaire. On le sait tout état inflammatoire systémique ou non se traduit par une réduction de la production. Cet effet peut résulter d’une modification du comportement alimentaire ou d’un effet moindre des aliments ingérés.

A SUIVRE : Partie 2 : les effets sur les performances de reproduction