MAIS OUI, VOUS POUVEZ AFFINER VOTRE DIAGNOSTIC D’ENDOMETRITE

REFERENCE : Barbeau-Grégoire, N. et al. Validation of On-Farm Bacteriological Systems for Endometritis Diagnosis in Postpartum Dairy Cows. Animals 2021, 11, 2695. https://doi.org/ 10.3390/ani11092695

CONTEXTE

L’endométrite clinique (augmentation du diamètre des cornes et du col, écoulements vaginaux plus ou moins purulents) et/ou subclinique (= endométrite cytologique : augmentation du % des neutrophiles) ont des effets reconnus sur les performances de reproduction. Il devient classique de chercher à identifier la présence de germes et le cas échéant leur nature avant de recourir à un traitement au moyen d’antibiotique (voir pour exemple le traitement sélectif des vaches au moment du tarissement).  Les auteurs de l’étude ont voulu comparé deux méthodes d’identification des germes « au chevet de l’animal »à savoir le Petrifilm et le Triplate référence à une méthode dite de laboratoire. Ils ont par ailleurs cherché à caractériser la correspondance entre endométrite cytologique et bactériologique.

LEURS OBSERVATIONS

Pour ce faire 189 vaches laitières de deux exploitations ont fait l’objet 30 à 43 jours après le vêlage d’un prélèvement utérin au moyen d’une cytobrosse.  Chaque prélèvement a fait l’objet d’un dénombrement des colonies et du % de neutrophiles.

Les sensibilités et spécificités des deux méthodes évaluées ont été obtenues respectivement au seuil de 90 colonies pour le Triplate (Se 73.3 % et Sp 94.3 %) et de 100 colonies pour le Petrifilm (Se 56.7 % et Sp 72.3 %).

Les valeurs prédictives + et – des deux méthodes ont été respectivement de 71 % et 94.9 % pour le Triplate et de 27.9 % et 89.8 % pour le Petrifilm.

Les prévalences respectives des endométrites « bactériologiques » et « cytologiques » ont été de 16,4 % et de 37 %. Par ailleurs, 80,6 % des cas d’endométites « bactériologiques » ont également été positives à la cytologie. A l’inverse, 64,3 % des cas d’endométrites « cytologiques » se sont révélées négatives à l’examen bactériologique.

A choisir, il semblerait que le système Triplate doive être préféré au système Petrifilm.

OUI MAIS

Il eut été intéressant d’associer ces diagnostics « bactériologiques » et cytologiques » aux diagnostics « cliniques ».

Seules les colonies aérobiques ont été dénombrées sans identification spécifique du germe impliqué. Or on sait que le microbiome utérin est très étendu en phase d’involution utérine. Il comprend et notamment des germes anaérobiques tels que Fusobacterium necrophorum, Prevotella melaninogenica et Bacteroides spp.

Il faudrait idéalement envisager également les effets de ces % sur les performances de reproduction.

MORALITE

Utiliser les antibiotiques à meilleur escient est méritoire. Le cas échéant, il vaudrait mieux réaliser une recherche bactériologique que cytologique.

A RETENIR

Le Petrifilm mais plus encore le Triplate vous permettent d’identifier les endométrites « bactériologiques ».  80,6 % d’entre elles sont également positives à la cytologie. A l’inverse, 64,3 % des cas d’endométrites « cytologiques » se sont révélées négatives à l’examen bactériologique.