PLUS LONG EST L’ANOESTRUS ET MOINS BONNE SERA LA FERTILITE
LE SAVIEZ-VOUS ?
Une vache sur cinq environ ne présente par de chaleurs au cours des 60 premiers jours du postpartum. C’est le constat posé par une compilation de diverses études réalisées sur base de dosage de la progestérone, de la détection manuelle ou échographique d’un corps jaune ou de l’enregistrement automatique des comportements d’œstrus. Cet état d’anoestrus pathologique peut-être qualifié de fonctionnel, kystique ou pyométral, la prévalence du premier étant largement supérieur à celui des deux autres. Ses facteurs de risque sont connus : primiparité, dystocies, bilan énergétique négatif, infections utérines en sont les principaux.
POURQUOI CETTE ETUDE ET COMMENT ?
L’étude a pour intérêt de chercher à caractériser plus précisément les manifestations oestrales au cours des jours 7 à 40 du postpartum (PP) de 2077 vaches laitières (9100 à 10500 Kg de lait en 305 jours) de 5 exploitations allemandes au moyen d’un accéléromètre à collier (Système SCR). Un état d’œstrus a été défini par une valeur d’index ≥35 durant au moins deux heures. Les vaches non détectées en chaleurs 70 à 100 jours PP furent examinées par un vétérinaire et traitées au moyen d’une PGF ou d’un protocole OvSynch. Les IA furent réalisées selon la règle AM:PM ou systématiquement après un traitement hormonal.
LEURS OBSERVATIONS ?
- 52,7 % des vaches (37,5 à 58,4 % selon les fermes) ne présentèrent aucun œstrus au cours des 40 premiers jours du PP, 32,5 % en présentèrent un et 14,8 % deux. Dans ces deux derniers groupes, l’intervalle médian fut de 23 jours. Aucune différence significative (S) entre primipares et multipares ne fut observé.
- L’intervalle moyen entre deux chaleurs fut compris entre 18 et 24 jours mais ne concernait que 24 % des vaches ayant présenté deux chaleurs. 43,6 % des vaches ont eu un intervalle inférieur à 18 jours.
- Le % des vaches inséminées sur chaleurs détectées fut S supérieur chez celles ayant présenté une (85,9 %) ou deux chaleurs (85 %) que chez les autres (71,6 %).
- La durée de l’œstrus lors de la première insémination fut de 13,9 heures. Elle fut S différente selon les trois groupes de vaches : 13,2 h si pas d’œstrus, 13,8 h si un seul oestrus et 14,8 h si deux œstrus. La durée de l’œstrus fut S moindre en été (12,6 h) qu’au cours des autres saisons (14,4 à 14,7 h). Elle fut également non significativement différente lors d’œstrus spontané (14,2 h) qu’induit (13,7 h).
- La manifestation d’un œstrus au cours des 40 premiers jours du PP augmente S la probabilité que l’animal soit inséminé avant le 100ème Les délais moyens sont respectivement de 70 jours si pas d’oestrus, 59 jours si un œstrus et 58 jours si deux œstrus. Ce facteur influence également S le délai médian d’obtention d’une gestation qui fut de 127 si pas d’œstrus, 112 si un œstrus et 103 jours si deux œstrus.
- Le % de gestation en 1ère IA fut de 30,7 %. Il fut S différent entre primipares (36 %) et multipares (29.1 %). Il fut S moindre en été (25.1 %) que durant les autres saisons (31.5 à 39.7 %). Il fut très S différent selon les trois groupes de vaches : 29.4 (pas d’œstrus), 30.9 (1 œstrus) et 39.7 % (2 œstrus).
QUE RETENIR ?
Les systèmes de détection automatiques des chaleurs (bien plus répandus que ceux dosant en ligne la progestérone) constituent une alternative intéressante pour un objectif de sélection compte teu de leur corrélation génétique très élevée (0.96).
La durée de l’anoestrus « physiologique » est de l’ordre de 30 jours: 23 (cette étude) à 33 jours (Lovendahl et Chagunda 2010) : système à collier et 28 jours : dosage de progestérone (Nyman et al. 2014).
On le sait les premières chaleurs PP sont souvent moins expressives (on les qualifie de « silencieuses »). Cette étude a montré que si tel est le cas, cela s’accompagnerait d’une expression moindre des chaleurs accompagnant la 1ère IA.
C’est une Lapallissade que de dire : « plus vite l’animal revient en chaleurs, plus vite elle sera inséminée et sera gestante ». Cet adage doit nous inviter à (1) quantifier de manière plus systématique la prévalence des anoestrus, (2) combattre les facteurs de risque dont les infections utérines et le manque d’état corporel et (3) examiner aussi rapidement que possible (60 jours ?) les animaux en anoestrus (cad et en priorité les vaches qui n’auraient pas montré de chaleurs au cours des 40 premiers jours du PP : consulter les logiciels de vos éleveurs) pour cibler les vaches susceptibles de faire l’objet d’un traitement hormonal et éviter ainsi de recourir aux traitements systématiques.

