Choisir le bon moment pour inséminer

REFERENCE : López-Gatius, F. Revisiting the Timing of Insemination at Spontaneous Estrus in Dairy Cattle. Animals 2022, 12, 3565. https://doi.org/10.3390/ani12243565

Tout le monde s’accordera à dire que l’insémination artificielle a depuis 80 ans considérablement révolutionné la reproduction animale et sa sélection mais a également rendu incontournable le choix du moment optimal de sa réalisation. En témoigne et notamment la mise au point de divers systèmes de détection automatique de l’œstrus et de protocoles hormonaux de sa synchronisation. Force est de reconnaître que ces méthodes n’ont qu’en partie améliorer sensiblement la fertilité après l’utilisation de sperme sexé ou non.

Il est classiquement recommandé d’inséminer selon la règle AM-PM à savoir que l’animal vu en chaleurs le matin sera inséminé le soir et inversément. Mais voilà, se pose l’important problème de la détection de ce début d’œstrus, problème d’autant plus crucial que 50 % des vaches ne manifestent pas le comportement caractéristique de monte passive, augmentation de la production laitière oblige.

La séquence des évènements physiologiques qui conduisent à une ovulation ont été relativement bien caractérisés : voir les points 1 à 6 de la figure ci-jointe. On observe que l’intervalle entre le pic d’oestrogènes et le pic de LH représente 80 % de la variation de l’intervalle entre l’œstrus et l’ovulation (point 5). On notera les durées différentes du spermatozoïde à féconder (24 h) et de l’ovocyte (6 à 12 h) à être fécondé. On observera que le % de gestation et la qualité des embryons sont maximaux lors d’inséminations réalisées 12 à 24 heures avant l’ovulation.

Aussi la question mérite d’être posée : ne faudrait-il pas davantage choisir le moment de l’insémination en fonction de la fin de l’oestrus plutôt que de son début ? En effet, l’intervalle de temps entre la fin de l’œstrus et l’ovulation est plus court (9 à 12 h) que celui entre le début de l’œstrus et cette ovulation (27 à 40 h). Mais à contrario, on sait qu’une vache sur deux ne manifeste pas de comportement de monte passive. Par ailleurs, l’intervalle entre le début de l’œstrus et l’ovulation est éminemment variable entre vaches, fait observé également par les systèmes automatiques de détection de l’œstrus.

Il n’est donc pas simple de répondre à la question prioritaire de savoir si la vache est inséminable (l’œstrus reste un « diagnostic » et l’insémination un « traitement »). Les recommandations suivantes sont plus que jamais d’actualité pour réaliser une insémination 6 à 24 heures voire 6 à 16 h avant l’ovulation.

  • Relever les signes observés
  • Calculer l’intervalle par rapport à la chaleur précédente
  • Evaluer la présence et le degré de viscosité du mucus (voir figure) : son caractère filant (du à l’augmentation de son hydratation) est maximal en fin d’œstrus
  • Evaluer la consistance du follicule qui diminue en fin d’œstrus.
  • Mesurer le diamètre du follicule (Optimal entre 12 et 17,5 mm).
  • Identifier la consistance tonique des cornes. Indirectement, cette palpation (comme celle des ovaires) induit une libération d’ocytocine qui contribue à raccourcier l’intervalle entre la fin de l’œstrus et l’ovulation.
  • Mesurer l’épaisseur de la paroi utérine qui doit être inférieure à 9 mm
  • Vérifier l’absence de corps jaune de diamètre supérieur à 10 mm