ET POURQUOI PAS UN AINS LORS DU TRANSFERT D’UN EMBRYON ?

REFERENCE : Karasahin et al. Effect of flunixin meglumine treatment during and after embryo transfer on the pregnancy rate in cattle. Reproduction in Domestic animals, 2021, 1-7. DOI: 10.1111/rda.14019.

CONTEXTE

Multiples sont les facteurs susceptibles d’influence le % de gestation après un transfert d’embryon (TE). Ils concernent la donneuse et donc la qualité de l’embryon (stade, frais ou congelé) mais également la receveuse (race, qualité du corps jaune, degré de synchronisation avec le stade de l’embryon, importance de la synthèse d’interféron …) et la manipulation du tractus génital rendue nécessaire par le transfert. Celle-ci s’accompagne d’une augmentation de la synthèse de PGF2α.

En un mot comme en cent, réduire la synthèse de la PGF2α par l’injection d’un AINS est de nature à favoriser le maintien d’une gestation.

Pour ce faire, les auteurs de l’étude ont transféré un embryon de qualité 1 ou 2 dans le 1/3 supérieur de la corne utérine à 295 receveuses qui présentaient un corps jaune de diamètre > 15 mm. 85 étaient des vaches Angus, 130 des vaches Holstein et 80 des génisses Holstein.  L’AINS à savoir la flunixine meglumine (FM : 1,1 mg/kg) a été injectée par voie IM le jour du transfert (G1), le jour du transfert et aux jours 8 et 9 après le transfert (G2). Le groupe contrôle (G3) n’a pas été traité. Le constat de gestation a été posé 30 à 35 jours après le transfert par échographie.

Les % de gestation ont été respectivement de 43,5 ; 42,5 et de 24,6 chez les vaches Angus, les génisses Holstein et les vaches Holstein. Ils sont été significativement supérieurs dans le groupe 2.

L’injection d’un AINS a vraisemblablement eu pour effet de réduire la synthèse de PGF2α et ainsi de favoriser le développement de l’embryon avec comme conséquences une meilleure synthèse d’interféron et une augmentation des chances de gestation.

Le manque d’effet observé chez la vache Holstein serait imputable à l’effet négatif de la production laitière connue pour augmenter le catabolisme de la progestérone. On sait par ailleurs que l’excitabilité de certaines races à viande en augmente le stress et réduit les chances de gestation. L’injection d’un AINS trouve dans ce cas une autre indication.