La détection des chaleurs : plusieurs erreurs possibles.
On le sait mais il n’est pas inutile de le rappeler. Moins on détecte les chaleurs et moins on peut inséminer sur une période donnée. Plus mal on les détecte et moins de gestation on obtiendra. Des alternatives existent, les aides à la détection sont cependant dispendieuses. Les protocoles hormonaux de synchronisation aussi et leur résultat n’est pas toujours au rendez-vous. Le % moyen d’erreur de détection est de 10,3 % (21.173 inséminations) sur base d’un dosage de progestérone réalisé dans le lait dans la majorité des études. Selon les troupeaux les % d’erreur sont compris entre 3,4 et 42,1 % (Morton et al. 2004).
LEUR ETUDE
Leur étude a été conduite dans 20 troupeaux de 192 vaches en moyenne (82 à 350) produisant en moyenne 6.689 kg en 305 j. Tous les troupeaux utilisent des aides à la détection des chaleurs : 12 la peinture sur la queue, 4 des révélateurs de chevauchement et 4 des moniteurs d’activité. Les éleveurs ont été invités à noter les signes de chaleurs (monte passive, monte active, abrasion des poils, présence de mucus. Un prélèvement des premiers jets de lait (mois riche en matières grasses) a été réalisé lors de chaque insémination. Une concentration ≥ 3 ng/ml a été considérée comme seuil révélant une activité lutéale. Les prélèvements concernent 1035 inséminations de 977 vaches réalisés 75 jours ± 21 jours après le vêlage.
LEURS OBSERVATIONS
Les signes d’œstrus observés ont été respectivement dans 83.2% des signes d’abrasion cutanée, 41,3 % la monte passive, 27,8 % la monte active et 18.2 % un écoulement de mucus. Le% de monte passive observée est comparable à celui d’autres études et compris entre 37 et 59 %
Le % de prélèvements avec une concentration ≥ 3ng/ml a été de 4.7 %. Ce % a été nettement plus élevé lors d’inséminations répétées (14.1 %) que lors de la 1ère insémination (3.3 %). L’étude a été conduite dans des troupeaux pratiquant pour leur moitié des vêlages saisonniers (janvier à mai). Il en résulte la constitution de groupes sexuellement plus actifs. Cela expliquerait les différences observées entre troupeaux (0 à 15,6 % d’erreurs).
En présence d’une progestéronémie <3 ng/ml : (1.07 ng en moyennne) une gestation a été observée dans 54 % des cas. Ce % a été de 2.5 % si la progestéronémie a été ≥3ng/ml (9.2 ng en moyenne).
Le risque d’erreur de détection de la chaleur augmente en l’absence d’observation de signes d’abrasion (OR 3.0), d’une monte passive (OR 12.5) ou lorsque l’intervalle par rapport à l’insémination précédente est anormal (OR 9.5).
MORALITES
Une fois encore, l’impact de la qualité de la détection sur la période d’attente et la fertilité se confirme. La notation des dates constitue une pratique hautement recommandable. La notation des signes et surtout l’observation d’une monte passive est tout aussi importante. Dans ce contexte, favoriser des vêlages saisonniers et optimiser la période de pâturage est une pratique qui devrait être davantage généralisée. Améliorer la détection des chaleurs c’est réduire l’usage de traitements hormonaux inducteurs ou de synchronisation. On se doit également de recommander l’optimisation de l’examen clinique avant l’insémination : l’oestrus est un diagnostic et l’insémination un traitement ai-je l’habitude de répéter. Cela est particulièrement vrai pour les vaches infertiles. En Israel, 45,5 % des vaches non inséminées par les techniciens s’avèrent en fait être gestantes par la suite.
Tableau : % d’erreur de détection des chaleurs sur base d’un dosage de progestérone dans le lait (Morton J. Determinants of reproductive performance of dairy cows in commercial herds in Australia. PhD Thesis Melbourne 2004, Kelly et al. 2021)

