Les protocoles hormonaux sont-ils responsables d'une interruption de la gestation ?
CONTEXTE
Selon Wiltbank (Theriogenology, 2016, 86:239-53), l’infertilité peut se traduire par une absence de fécondation (15 à 20 %), une mortalité embryonnaire très précoce (J1 à J7 : 30 à 50 %), une mortalité embryonnaire précoce (J8 à J27 : 20 %), une mortalité embryonnaire tardive (MET) (J28 à J60 : 12 %) et un avortement précoce (AVP) (J61 à J110) voire tardif (J111 à J260). Une chose est de définir les manifestations d’une interruption de gestation et leurs prévalences, ue autre en est d’en caratériser les facteurs de risque.
MATERIEL ET METHODES
Cette étude concerne 19.437 inséminations réalisées en Espagne durant trois ans dans 8 fermes laitières (746 ± 571 vaches par troupeau : 253 à 1950 vaches) de vaches Holstein (34.8 ± 2.3 l/J) sur lesquelles un double constat de gestation était pratiqué (J28 à J35 et J70 à J110). Les informations complémentaires sont renseignées sur la figure 1.
Un petit rappel des protocoles hormonaux utilisés s’impose. Une insémination systématique est réalisée 16 heures après l’injection de la 2ème GnRH.
- PRES ou Presynch-Ovsynch protocole : 2 PGF2a à 14 jours d’intervalle, la première injection étant réalisée 26 jours avant le début de l’Ovsynch (GnRH J0 puis PGF2a J7 et J8, puis GnRH J9), une IA systématique est effectuée 16 heures après la 2ème
- Double Ovsynch : Ovsynch : GnRH J0, PGF2a J7 et J8, GnRH J10. Le second Ovsynch débute 7 jours après l’injection de la2ème GnRH du premier Ovsynch. Une IA systématique est effectuée 16 heures après la 2ème GnRH du deuxième Ovsynch.
- G6G : PGF2a J0, GnRH J2 et Ovsynch 6 jours plus tard avec 2 PGF2a à 24 h d’intervalle.
- OVS: GnRH J0 puis PGF2a J7 et J8, puis GnRH J9), une IA systématique est effectuée 16 heures après la 2ème
- OVS-IVD: protocole Ovsynch avec insertion d’un dispositif de progestérone entre J0 et J7.
- Cosynch 5 J : GnRH J0, PGF2a J5 et J6, GnRH J9 puis insémination 16 heures après la GnRH.
- Ovsynch 5J : idem au Cosynch 5 J mais la 2ème GnRH est injectée à J7
- Cosynch 5J IVD : idem au Cosynch 5J avec insertion d’un dispositif de progestérone entre J0 et J5.
Plusieurs modèles statistiques ont permis d’identifier ou non les effets de divers facteurs. Ils sont résumés dans la figure 2. Les pourcentages de gestation et de MET/AVP ont été respectivement de 34,6 et 12,3 %.
QUE RETENIR DE CES INFORMATIONS ?
Cette étude nous propose plusieurs hypothèses alternatives pour expliquer les cas de MET/AVP. Les génisses sont moins concernées que les vaches. Les cas de MET/AVP s’observent davantage les 1ères inséminations que les suivantes. Ils ne prédisposent pas à une MET/AVP ultérieur au cours de la même lactation. Elle infirme que la saison, l’inséminateur, le type de sperme (sexé vs non sexé) puissent en être à l’origine.
Les causes d’infertilité sont multiples et complexes. On peut regretter que les effets de la production laitière ou ceux exercés à moyen et long terme par les infections utérines ou l’état corporel n’aient pas été pris en compte.
On observera enfin que les protocoles hormonaux ne contribuent pas à améliorer la fertilité. Laissons leur le mérite d’améliorer néanmoins la fécondité.


