LE BOTULISME UNE MALADIE RARE, MAIS AUX PERTES TRES IMPORTANTES

Le botulisme est une maladie causée par les neurotoxines d’une famille de bactéries : Clostridium botulinum. Ces bactéries sont hébergées dans plusieurs types de produits, mais principalement le tube digestif de certains animaux. La contamination des animaux fait l’objet d’une attention particulière car c’est une zoonose grave pouvant entrainer la mort des personnes qui consomment les produits issus des animaux contaminés, et la pasteurisation classique ne détruit pas les spores dans le lait et les produits laitiers.

Il existe 7 toxines botuliques différentes, mais 5 sont toxiques principalement chez les ruminants : toxines A,B, C, D et D/C. Le type D/C et C sont bien connu pour des épisodes épidémiques graves (ex : 1090 taurillons morts dans un atelier de 1700 au Brésil, après ingestion de maïs contaminé. Guizelini et coll, 2019).

La détection se fait désormais en PCR : Foie, Contenu du rumen, Contenu du rectum, Vésicule biliaire, intestin, Fèces. Il convient de tester plusieurs animaux pour augmenter la capacité de détection (Le Marechal et coll., 2019). Dans la plupart des cas, un cadavre d’animaux ou des excréments contaminés sont la cause dans un ensilage ou un stock d’aliment.

Le botulisme de type B cause surtout des troubles digestifs : diarrhée, occlusion, éructations, salivation excessive. Une contamination du lait par souillure fécale du pis est de cette manière possible. La toxine C provoque une paralysie ascendante de la queue à la gueule, et les animaux meurent lorsque le cerveau est atteint. La dose de toxines peut modifier les symptômes. L’utilisation d’une mélangeuse peut disperser les toxines, et augmenter la taille du problème. La toxine D et D/C donne des symptômes de paralysie plus difficile à diagnostiquer. En effet, les animaux peuvent encore avoir des mouvements de la queue, malgré une intoxination. Les volailles sont porteuses de certains clostridiums et les fientes peuvent également contaminer un silo ou cas rare, une parcelle ensilée ou pâturée.

Dans notre expérience, il convient de faire un diagnostic d’exclusion d’autres pathologies. Le diagnostic différentiel comprend la listériose, la rage, la maladie d’Aujeszky, les intoxications par des composés organophosphorés, les intoxications au cuivre, au mercure ou au plomb, le déséquilibre du métabolisme des sels minéraux ou la méningite. , une recherche par PCR multiple et une intervention de l’assurance, car c’est une maladie à déclaration obligatoire et un cas de perte exceptionnelle, qu’il faut documenter. Des animaux peuvent en effet déclencher des symptômes pendant plusieurs jours après le retrait de l’aliment contaminé.

Il existe dans certains pays, des vaccins recombinants efficaces sont disponibles (Moreira et coll, 2020).