LA TUEUSE DES PASTEURELLES : MANNHEIMIA HAEMOLYTICA

Les pasteurelles sont les bactéries de la flore oro-nasale des veaux et des adultes. Ces bactéries sont variées et nombreuses dans le nez et la gorges de nos bovins. Dans cette grande familles de bactéries, on reconnaitra Mannheimia haemolytica (anciennement Pasteurella haemolytica), Pasteurella multocida et Histophilus somni, pour les plus rencontrées. Mannheimia haemolytica est présente sous plusieurs sérotypes (groupes) dans les voix respiratoires, certaines sous-famille sont begnines, mais 3 groupes sont très infectieux, voir mortels (sérotype A1, A6 notamment).

Cette bactérie est « stimulée » par un stress, qui peut être viral (BRSV, Coronavirus, PI3 ou IBR, BVD etc…) ou physicochimique (qualité de l’air, transition alimentaire, sevrage brutal, groupage, écornage). Lorsqu’elle est stimulée, les groupes pathologiques vont prendre la place des groupes « bénins » et ils vont se multipliés dans les voies respiratoires basses (trachées, bronches, poumons). Lors de cette multiplication, Mannheimia libère des molécules pro-inflammatoires qui « appellent » les globules blancs et une toxine appelée Leucotoxine qui va littéralement tuer les globules blancs, les faire éclater et libérer le contenu très toxique de ces cellules.

Figure 1 – Crédit photo @RumeXperts

Le résultat, c’est une inflammation très hémorragique (Figure 2), et beaucoup d’inflammation (figure 1), associé à un choc inflammatoire qui va tuer l’animal si on ne gère pas le problème inflammatoire très tôt.

En prévention : attention à vos transitions, et à la qualité de l’air en priorité. Un troisième point d’attention dans les systèmes en batiment c’est éviter les contacts entre les vieux et les jeunes trop faciles (paroi pleines, barrière 5 tubes, etc…).

Le bon protocole de vaccination peut être de nature diverse :

  • Maitriser les virus en amont (intranasal et injectable contre les virus)
  • Vacciner idéalement en 2 et 4 semaines en primo pour être efficace quand le pic de problème arrive.

Le traitement sera donc basé sur une combinaison contenant des antibiotiques (Florfénicol, Tétracyclines, Amoxycilline, Tylosine, etc…) et surtout un anti-inflammatoire (Injectable ou oral). Le plus important étant la vitesse de réaction au problème.

N’oubliez pas qu’un vaccin nécessite au minimum 18 à 21 jours pour produire des anticorps défensifs. Il faut donc bien connaitre le moment moyen des infections à la ferme pour bâtir un protocole correct.

Figure 2 – Crédit photo K Signh