PROFILS SANGUINS DES GENISSES BBB
L’infertilité des génisses est un problème majeur en race Blanc-Bleu-Belge. Dans le cadre d’un projet de recherche, nous avons constaté que, d’un élevage à l’autre, 66 à 100% des génisses BBB de plus de 14 mois n’ayant pas eu de chaleurs observées sont effectivement en anœstrus pathologique fonctionnel. Parmi les multiples causes de cet pathologie, l’alimentation est un facteur essentiel.
« Dans la littérature, les carences en protéines sont décrites sur le manque de développement des ovaires et de l’utérus. »
Nous avons effectué, au mois de juin 2023, des analyses sanguines en pool dans 12 élevages wallons sur des génisses BBB en anœstrus pathologique fonctionnel. Les biomarqueurs analysés étaient l’albumine, les protéines totales, l’urée, le cholestérol, la vitamine B12 et l’haptoglobine.

La totalité des élevages étaient déficients en activité de la flore ruménale (vitamine B12 basse). Ceci peut provenir notamment d’un manque de rumination. Dans cette situation, nous vous conseillons une vérification de la quantité de mélanges-fourrages ingérés par les animaux.
Les valeurs d’albumine montrent des carences protéiques légères à sévères dans 83% des élevages évalués dans le cadre de ce projet (sélectionnés sur base d’un taux élevé d’anœstrus). Ces carences proviennent majoritairement d’apports trop faibles en protéines ainsi que d’une potentielle carence en acides aminés essentiels (tels que la méthionine ou la lysine). Ce constat fait écho à ce que nous observons dans le cadre de nos audits d’élevages. Nous conseillons donc aux éleveurs de vérifier les apports de fourrages verts (quantité et qualité) et/ou d’ajouter un concentré correcteur à haut pourcentage protéique ou méthionine (correcteur azoté, méthionine pure ou équivalent).
Notons que dans un des élevages, l’hypoalbuminémie était associée à un excès d’urée. Dans pareil cas, c’est un apport trop faible en énergie fermentescible qu’il convient de corriger. Ceci peut notamment provenir d’une dé-synchronisation du rumen, par exemple lorsque les différents composants de la ration sont distribués en strates ou à des moments différents de la journée.
De façon générale, nous conseillons aux éleveurs d’assurer des apports correspondant à 15% PBD/kg de MS et 900 VEM. En cas de doute, la mise en place d’une prise de sang de groupe avec le vétérinaire permet de voir les carences invisibles.
Enfin, en ce qui concerne les marqueurs de l’inflammation, 58% des fermes présentaient de l’inflammation. Une investigation plus poussée via des examens complémentaires doit alors être mise en œuvre en collaboration avec le vétérinaire d’exploitation afin d’en déterminer l’origine.
Il est intéressant de remarquer que tous les élevages ayant un profil sanguin suggérant un état inflammatoire présentent également une carence protéique. En effet, une ration équilibrée et adaptée contribue également à prévenir les pathologies inflammatoires.
